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Groupe:

The Insane Legion : Exocrine + Rytual + Origines

Date:

06 Juin 2026

Lieu:

Le Haillan

Chroniqueur:

JeanMichHell

Ce soir, l'ami JC à la photo, et ma pomme, sommes au Salem pour un très bel anniversaire. Cela faisait un petit moment que nous n'étions pas venus et nous découvrons la nouvelle configuration de la salle qui offre plus d'espace.  C'est ici que l'association The Insane Legion fête ses 14 ans, et l’asso a vu grand : trois groupes, un espace gaming, un foodtruck, des flash tattoos, une tombola avec de magnifiques lots, et cette atmosphère unique de mini‑festival niché dans un bar donne sacrément envie. Nous ne tardons pas à croiser Loïc président de l'association et hurleur en chef de Heboïdophrenie qui nous accueille très chaleureusement. Nous échangeons quelques mots sur l'origine de l'association qui avait tout simplement vocation à soutenir la scène underground bordelaise à l'origine, avec une fonction support pour les groupes qui adhèrent à la démarche... Il est heureux de voir que cette aventure perdure 14 ans après, et à la lumière du contexte des organisateurs d'événements, on peut le comprendre. 

Origines :

Pour ouvrir la soirée, Origines impose une ambiance immédiatement sombre et intense. Premier concert, mais déjà une belle présence et un "CV sonore" qui forcent le respect, puisqu'il me semble bien reconnaître un membre de The Great Old Ones et de AD Patrès, le line-up (que je n'ai pas trouvé pour vous donner plus de détails), ne m'est clairement pas inconnu. Le groupe s'installe dos au public, sans un mot, avant le premier coup de boutoir, et musicalement, Origines joue sur les contrastes avec un riffing fondamentalement rock'n roll, mais tordu, haineux, saturé de dissonances. L'usage massif du triton est un marqueur fort de leur composition. 

La chanteuse porte un magnifique t-shirt Aura Noir, vous avez une partie des origines d'Origines. Le chant apporte cette caution black, très agressive qui transperce la nuit. Parce qu'au, la musique ne va pas jusqu'au boutiste, comme on peut parfois le voir dans le Black. 

Il existe des mid-tempos bien poisseux, entrecoupés de blasts surgissant comme des coups de scalpel, d'une basse mélodique qui ajoute une profondeur inattendue, et un batteur au jeu atypique qui représente une véritable signature sonore. Le groupe cultive le paradoxe : des riffs longs, hypnotiques, soudain brisés par des contrepieds rythmiques qui empêchent toute installation confortable.  Une entrée en matière parfaitement calibrée pour ouvrir la fête.
 
 


Rytual :

Il y a deux ans, nous avons assisté au premier concert de Rytual, et depuis que de chemin parcouru.  Les Angoumoisins, qui se composent aujourd'hui de Hugues au chant, Joss à la guitare, Andy à la basse et Elijah à la batterie, montent sur scène avec une assurance nouvelle. Ils viennent de passer par la case studio, et on sent qu'ils ont transpiré sévère pour produire l'album le plus carré possible. Ben oui, pour ceux qui ont eu le plaisir de les voir sur scène, vous savez bien que c'est là que se situe leur terrain de jeu. Et lorsque l'on grandit par le biais du live, le passage au studio, ben ça fait transpirer... Et cela se ressent sur leur prestation, c’est plus chirurgical, plus carré, et ça transpire la cohésion.
 
Rytual officie dans le Death (soit disant à la con d'après Hugues) mais je préfère à l'ancienne. Je pense systématiquement aux premiers Sepultura, à un brin de Slayer, ou bien encore Exhumed, vous l'aurez compris Rytual allie technique et motivation. Mais, qui dit album qui arrive, dit nouvelles compos, et un des nouveaux titres présenté ce soir était bien chargé d’une grosse dose de Pantera, et je dois reconnaître que cela se marie parfaitement à leur death hyper énervé. Il y avait déjà quelques ponts inquiétants sur No Sanctuary par exemple, et voilà que ces gredins nous rajoutent du groovy, massif, qui met tout le monde d’accord en trente secondes.
 
Mais comme je le précisais en introduction, leur véritable terrain de prédilection c'est la scène. Hugues, fidèle à lui-même, finit dans la fosse dès le deuxième morceau, déclenchant un mouvement de foule immédiat. Andy et Joss font des kilomètres tout en se fracassant les cervicales, et Elijah dès qu'il en a l'occasion harangue le public. Une prestation très convaincante de la part des Angoumoisins, à qui le studio a fait du bien. Ce soir, Rytual ne s'est pas contenté de ramener les copains, de convaincre son public habituel, mais à convaincu tout le Salem. J'avais d'ailleurs quelques amis presque rookies du Metal extrême, qui ont été franchement convaincus par ce set sauvage à souhait !
 
 
Exocrine :

Puis arrive Exocrine, et là… Il n’y a plus de comparaison possible. Dès Maelstrom, la salle se fait happer. Il existe vraiment un monde d’écart entre eux et le reste du death actuel. Le line-up a légèrement évolué puisque l'on retrouve derrière les fûts une tête déjà bien connue en la personne de Julien Helwin, que l'on retrouve chez Otargos, ou bien encore derrière la guitare dans Iron Flesh (que vous pouvez retrouver dans nos pages...). Pour le reste du groupe, le groupe n'a pas bougé, ainsi on retrouve Jordy Besse à la basse et au chant, Nicolas La Rosa et Sylvain Octor‑Perez aux guitares. 
 
Autre aspect qui n'a pas changé, la puissance du groupe est vraiment hallucinante... C'est un véritable rouleau compresseur qui vient de débarquer sur la scène du Salem. Mais réduire Exocrine a une puissance brute serait bien mal les connaitre, entre une précision chirurgicale de tous les instants, une virtuosité jamais gratuite, une violence maîtrisée, le quatuor sait ce qu'il fait. Il le fait vite et bien, même les speechs de Jordy entre les morceaux sont vite envoyés. Même s'il prend tout de même le temps d'une anecdote qu'un bébé est né sur la chanson Life, mais aussi de remercier le Salem comme le dernier bastion du Metal à Bordeaux ! Je n'ai qu'un seul petit regret, c'est que le son aurait mérité un meilleur traitement compte tenu de la rapidité d'exécution du groupe. 
 
Malgré cela, Exocrine aura montré qui étaient les patrons de cette soirée, écrasant tout être vivant qui a eu l'outrecuidance de se présenter devant eux ce soir. L'outro de set se conclut sur un clin d’œil improbable à Georges Michael avec Careless Whisper en guise de final totalement décalé surtout lorsque l'on sait que leur musique s'écoute plutôt avec le menton en avant et lèvres vers le bas !
 

En conclusion, pour ses 14 ans, The Insane Legion a offert une soirée qui résume parfaitement son identité, une découverte Origines, une confirmation Rytual, et une bien belle tête d'affiche avec Exocrine. Avec son ambiance de mini‑festival portée par tattoos, gaming, foodtruck (...) le Salem a tremblé, le public a hurlé et a kiffé. Merci à The Insane Legion, ne changez rien !
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